Business : comment investir son excédent de trésorerie ?

Les conseils sont légion pour aider les entrepreneurs à passer le cap des premières années lorsqu’ils lancent un business. En particulier, 5 ans est un cap important pour la survie des entreprises, puisque près d’une entreprise sur deux n’atteint pas cet âge.

Pour certains, l’entreprise se révèle un franc succès et permet de dégager des bénéfices substantiels. Au bout de quelques années d’activités, il se pose alors une question : que faire des excédents de trésorerie accumulés par l’entreprise ?

 

Une solution triviale consiste à se verser un gros salaire ou une grosse prime annuelle. Cette décision n’est pas forcément la meilleure solution car les salaires sont lourdement taxés à 3 niveaux : charges patronales, charges salariales, impôt sur le revenu.

Tant est si bien que le gain net de tout impôt peut tomber sous la barre des 40% voire sous la barre des 35% pour les personnes ayant un taux marginal d’imposition important (30% et davantage). Il existe des alternatives plus intéressantes pour faire grossir son patrimoine. Elles sont passées en revue dans cet article.

Se verser un dividende

Se verser un dividende est souvent la solution par défaut pour un grand nombre d’entrepreneurs. Cette option est désormais d’autant plus intéressante que les récentes réformes du gouvernement ont allégé la fiscalité des bénéfices distribuables, cela à deux niveaux.

 

Tout d’abord, l’impôt sur les sociétés est en baisse : il s’établit désormais à 28 % (au lieu de 33 %) pour la part des bénéfices supérieure à 38 120 euros et tombera à 25 % à compter de 2022. Ces bénéfices nets après impôt peuvent être distribués sous forme de dividendes.

Lorsque les dividendes sont versés aux actionnaires, si ces derniers sont des personnes physiques, les dividendes sont désormais imposés à un taux unique de 30 %. Ce prélèvement forfaitaire unique est aussi connu sous le nom de flat tax. Sachez que l’option au barème de l’impôt sur le revenu reste disponible et peut intéresser les personnes avec un faible niveau d’imposition.

Racheter les parts d’investisseurs tiers

Certaines sociétés nécessitent parfois des capitaux importants au moment de leur lancement. Les fondateurs sont ainsi contraints de faire appel à des investisseurs pour lever de l’argent. Après quelques années, il arrive que certains investisseurs souhaitent récupérer les fruits de leur investissement. Il est ainsi possible de proposer un rachat des parts des investisseurs.

Ce rachat d’actions via les fonds de la société a un effet relutif sur les actionnaires restants à bord. Le rachat d’actions est intéressant dès lors que le prix de cessions est correctement défini (sans surévaluer la valeur réelle de la société).

De nombreuses sociétés cotées mettent régulièrement en place ce type de stratégie, elle est d’autant plus intéressante que le cours de l’action est déprécié.

Croissance externe et croissance interne

Le versement de dividendes ou le rachat d’actions peuvent être perçus comme des solutions “faute de mieux”. En effet, pour de nombreux entrepreneurs, l’objectif principal est de faire croître son activité. La génération d’importants excédents de trésorerie permet justement d’autofinancer la croissance d’une entreprise. Deux stratégies sont alors possibles : croissance interne et croissance externe.

 

La croissance interne consiste à développer son activité en montant de toute pièce de nouveaux services ou bien en déployant ses services et/ou produits de son entreprise sur de nouvelles aires géographiques (ouverture de magasins, déploiement d’équipes commerciales, etc.) Dans certains cas, il est plus simple de racheter tout ou partie des activités d’une société préexistante (parfois un concurrent) pour étendre son business, on parle alors de croissance externe.

Prendre des participations dans d’autres entreprises

Il est tout à fait possible de prendre des participations dans une entreprises tiers sans en prendre le contrôle. L’intérêt d’investir via sa société plutôt qu’en tant que personne physique est d’ordre fiscal.

Le chef d’entreprise investit l’excédent de trésorerie sans avoir à s’acquitter du prélèvement forfaitaire unique de 30 % mentionné plus haut (passage obligé lorsque l’on se verse un dividende).

Par ailleurs, les sociétés investissant à long terme dans d’autres sociétés bénéficient également d’avantages fiscaux intéressants, notamment sur les plus-values de cessions.

De multiples entreprises ont régulièrement l’occasion de réaliser des levées de fonds. Bien que ces investissements soient parfois risqués (en particulier dans le cas de startup), en cas de succès, les gains financiers peuvent être très importants.

 

Il est également possible d’investir son argent dans une SCI (société civile immobilière) détenue à 100% et créée spécialement pour financer l’achat d’immobilier locatif avec la trésorerie générée par la première société.

Opter pour des placements financiers

Il existe d’autres alternatives pour placer sa trésorerie que l’on peut regrouper sous l’appellation de placements financiers. Les supports les plus courants sont les comptes à terme, et l’ensemble des actifs logeables au sein d’un compte-titres ordinaire ou d’un contrat de capitalisation.

 

Le compte à terme (CAT) est un placement à capital garanti. Le principe est le suivant. L’investisseur dépose son argent sur un compte avec un horizon de placement et un rendement définis à l’avance. L’horizon de placement s’étend typiquement entre 12 et 48 mois (il est possible d’aller jusqu’à 60 mois et davantage). Le rendement dépend de la durée du placement.

En cas de retrait avant la durée définie, une pénalité s’applique sur les intérêts. Ce sont des produits d’investissement à court et moyen terme. Ces dernières années, le rendement des CAT a beaucoup baissé. Il ne dépasse pas les 1% avant impôt.

 

Le compte-titres ordinaire (CTO) est un compte en bourse sur lequel l’investisseur (la société) peut loger un grand nombre de produits financiers : obligations, actions, fonds d’investissement, etc. La fiscalité du CTO n’est pas spécialement intéressante : les gains sont taxables à l’impôt sur les sociétés sans avantage particulier.

Il est parfois fiscalement plus intéressant pour un entrepreneur de se verser l’argent de la trésorerie sous forme de dividendes et investir en nom propre via un contrat d’assurance vie ou un plan d’épargne en actions.

 

Une dernière possibilité pour investir via sa société est le contrat de capitalisation. C’est un produit dont le mode de gestion s’approche de celui d’un contrat d’assurance vie avec la possibilité d’investir sur des fonds en euros et/ou des unités de compte.

La fiscalité du contrat de capitalisation dépend du régime d’imposition (impôt sur les sociétés ou autre). En raison de sa complexité, il est conseillé de se tourner vers les services d’un fiscaliste ou d’un conseiller en gestion de patrimoine pour définir la stratégie optimale.

 

En conclusion, l’entrepreneur dispose de multiples solutions pour employer son excédent de trésorerie. Certaines solutions visent à faire croître son activité principale, d’autres visent à investir son argent pour générer des revenus complémentaires diversifiés.

Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises stratégies, cela dépend de la situation de chaque entrepreneur et des opportunités spécifiques qui s’offrent à chacun.

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